Prévoyance

Indemnités journalières TNS : combien en arrêt ?

Quand un travailleur non salarié tombe en arrêt, le régime obligatoire verse des indemnités journalières TNS, mais souvent bien en dessous du revenu réel. Voici comment se calcule le montant, combien vous toucherez vraiment et comment combler le trou.

Par l'équipe AK Courtage 6 min de lecture
Sommaire

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    Un arrêt de travail quand on est à son compte, c'est une double peine : plus d'activité, donc plus de chiffre, et une indemnisation de base qui couvre rarement vos charges. Avant de signer quoi que ce soit, il faut comprendre précisément ce que versent vos indemnités journalières TNS du régime obligatoire, à partir de quand, et jusqu'où. C'est exactement l'objet de ce guide.

    En bref

    • Les indemnités journalières TNS du régime obligatoire valent environ 1/730e de votre revenu moyen des 3 dernières années.
    • Un délai de carence de 3 jours s'applique : l'indemnisation démarre au 4e jour d'arrêt.
    • Pour un artisan ou un commerçant, l'IJ de base est plafonnée à 65,84 euros bruts par jour en 2026.
    • Les professions libérales ont un régime à part, avec une durée souvent limitée à 90 jours par arrêt.
    • Un contrat de prévoyance TNS sert à combler l'écart entre cette IJ plafonnée et votre revenu réel.

    Indemnités journalières TNS : comment se calcule le montant

    Le régime obligatoire des travailleurs indépendants (ex-RSI, aujourd'hui géré par l'Assurance Maladie) verse des indemnités journalières pendant un arrêt maladie, à condition d'être affilié depuis au moins 12 mois. La formule est la même pour les artisans et les commerçants.

    L'indemnité journalière correspond à 1/730e du revenu d'activité annuel moyen (RAAM), c'est-à-dire la moyenne de vos revenus professionnels cotisés sur les 3 dernières années civiles précédant l'arrêt. On divise par 730 car cela revient à étaler 3 ans de revenus sur un nombre de jours représentatif.

    Un exemple illustratif rend la chose plus parlante. Supposons des revenus de 24 000 euros, 27 000 euros puis 30 000 euros sur trois ans. La moyenne ressort à 27 000 euros. Appliquée à la formule, l'indemnité journalière tourne alors autour de 37 euros par jour. Pour un revenu moyen de 30 000 euros, on se situe de l'ordre de 40 euros par jour. Ce ne sont que des ordres de grandeur : votre montant exact dépend de vos revenus réellement cotisés et des règles applicables à l'année de l'arrêt.

    Pour les micro-entrepreneurs, le revenu pris en compte est calculé après application de l'abattement forfaitaire propre à leur régime, ce qui réduit encore la base de calcul.

    Délai de carence, plafonds et durée : les règles à connaître

    Trois paramètres déterminent ce que vous toucherez vraiment, et c'est souvent là que les mauvaises surprises arrivent.

    Le délai de carence

    • Un délai de carence de 3 jours s'applique à chaque nouvel arrêt : rien n'est versé pour les 3 premiers jours, l'indemnisation démarre au 4e jour.
    • En cas de prolongation de l'arrêt sans reprise d'activité, ce délai ne se réapplique pas.
    • En affection de longue durée (ALD), le délai de carence n'est retenu que pour le premier arrêt lié à cette maladie sur une période de 3 ans.

    Les plafonds 2026

    Les revenus sont retenus dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 euros au 1er janvier 2026. Surtout, même avec un revenu supérieur, l'IJ de base d'un artisan ou commerçant ne peut pas dépasser 65,84 euros bruts par jour en 2026. À l'inverse, si votre revenu moyen est trop faible (sous environ 10 % du PASS), l'indemnité peut être nulle.

    La durée d'indemnisation

    • Artisans et commerçants : 360 jours maximum sur une période glissante de 3 ans, portés à 3 ans (soit 1 095 jours) en cas d'ALD.
    • Professions libérales : régime distinct, avec une durée par arrêt souvent limitée à 90 jours, ce qui laisse un trou béant sur les arrêts longs.
    Point souvent oublié : ces indemnités journalières du régime obligatoire sont en principe imposables (sauf cas particuliers, comme les arrêts liés à une ALD qui sont exonérés d'impôt) et elles restent soumises à la CSG et à la CRDS. Le montant net qui arrive sur votre compte est donc souvent plus bas que le montant brut calculé. Raison de plus pour anticiper.

    Pourquoi l'indemnité de base ne suffit presque jamais

    Mettons les chiffres bout à bout. Un artisan gagnant 30 000 euros par an touche de l'ordre de 40 euros par jour, soit environ 1 200 euros par mois bruts, dont il faut encore retirer la CSG et la CRDS. Pour quelqu'un dont les charges fixes (loyer pro, prêt, salaires, charges personnelles) dépassent largement ce montant, l'équation est intenable sur un arrêt long.

    Le plafond de 65,84 euros par jour est le même pour un indépendant qui gagne 50 000 euros ou 150 000 euros. Plus votre revenu est élevé, plus le régime obligatoire laisse un écart important entre ce que vous perceviez et ce que vous touchez. Les professions libérales, avec une durée par arrêt souvent limitée à 90 jours, sont les plus exposées aux arrêts longs.

    SituationRégime obligatoire TNSAvec prévoyance complémentaire
    Début d'indemnisation4e jour (carence 3 jours)Franchise au choix (ex. dès le 4e ou le 8e jour)
    Montant journalierPlafonné à 65,84 euros (artisan/commerçant)Calé sur votre revenu réel
    Durée360 jours sur 3 ans (90 j. par arrêt pour les libéraux)Jusqu'à 3 ans selon contrat
    Invalidité et décèsCouverture faibleRente d'invalidité et capital décès

    C'est précisément le rôle d'un contrat de prévoyance pour TNS : il verse des indemnités journalières complémentaires qui s'ajoutent à celles du régime obligatoire, calculées cette fois sur votre revenu réel. Vous choisissez le montant garanti, la franchise (le nombre de jours avant déclenchement) et la durée. Bien construit, il ramène votre indemnisation proche de vos revenus habituels. Pour chiffrer votre besoin en quelques clics, utilisez notre simulateur de prévoyance TNS.

    Astuce fiscale : dans le cadre de la loi Madelin, les cotisations d'un contrat de prévoyance TNS sont déductibles de votre revenu imposable, dans certaines limites. Vous vous protégez tout en réduisant votre base d'imposition. À noter : les indemnités versées au titre d'un contrat Madelin sont de leur côté imposables.

    Comment bien choisir sa prévoyance TNS

    Une bonne prévoyance ne se résume pas au prix de la cotisation. En tant que courtier indépendant, voici les points que nous regardons systématiquement avant de recommander un contrat.

    • La base de calcul des IJ : certaines indemnités sont forfaitaires (montant fixe), d'autres indemnitaires (sur justificatif de perte de revenu). Le forfaitaire protège mieux si vos revenus baissent.
    • La franchise : plus elle est courte, plus la cotisation grimpe. On l'ajuste à votre trésorerie et à votre capacité à tenir quelques jours sans revenu.
    • Les exclusions : affections psychiques (burn-out), mal de dos, sports pratiqués. Ce sont les clauses qui font la vraie différence le jour de l'arrêt.
    • L'invalidité et le décès : au-delà de l'arrêt court, la prévoyance couvre aussi la rente d'invalidité et le capital pour vos proches.

    Pour aller plus loin sur le fonctionnement global des garanties, consultez notre guide prévoyance TNS. Et si votre couverture santé n'est pas encore optimisée, notre page mutuelle santé TNS complète utilement le dispositif. Comparer plusieurs assureurs reste le meilleur moyen d'obtenir le bon rapport garanties/prix : c'est le cœur de notre métier de courtier en prévoyance TNS indépendant.

    Questions fréquentes

    À partir de quel jour touche-t-on les indemnités journalières quand on est TNS ?

    Un délai de carence de 3 jours s'applique à chaque nouvel arrêt. Le régime obligatoire verse donc les indemnités journalières à partir du 4e jour d'arrêt. En cas de prolongation sans reprise d'activité, ce délai ne se réapplique pas. Un contrat de prévoyance complémentaire peut, lui, prévoir une franchise plus courte.

    Comment est calculé le montant de l'indemnité journalière d'un indépendant ?

    L'IJ du régime obligatoire correspond à environ 1/730e du revenu d'activité annuel moyen, soit la moyenne de vos revenus cotisés sur les 3 dernières années civiles. Par exemple, pour un revenu moyen de 30 000 euros, l'indemnité se situe de l'ordre de 40 euros par jour. Pour les artisans et commerçants, elle est plafonnée à 65,84 euros bruts par jour en 2026.

    Les indemnités journalières TNS sont-elles imposables ?

    En principe oui : les indemnités journalières du régime obligatoire entrent dans votre revenu imposable (hormis certains cas particuliers, comme les arrêts liés à une affection de longue durée, exonérés d'impôt) et elles restent soumises à la CSG et à la CRDS. Le montant net perçu est donc généralement inférieur au montant brut calculé, ce qui réduit encore la couverture réelle en cas d'arrêt.

    Faut-il souscrire une prévoyance complémentaire quand on est TNS ?

    Dans la grande majorité des cas, oui. L'indemnité de base est plafonnée et ne couvre souvent qu'une fraction de vos revenus et de vos charges, surtout pour les hauts revenus et les professions libérales dont la durée d'indemnisation par arrêt est souvent limitée à 90 jours. Un contrat de prévoyance cale l'indemnisation sur votre revenu réel, avec en prime la déductibilité fiscale des cotisations via la loi Madelin.

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